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Statut du Kosovo : Vuk Jeremic rappelle les propositions serbes PDF Print E-mail

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Written by News Editor   
Saturday, 01 September 2007

Les discussions sur l’avenir du Kosovo reprennent aujourd’hui à Vienne. Le ministre des Affaires étrangères de Serbie, Vuk Jeremic, rappelle les positions de Belgrade, en détaillant ce que serait le contenu de l’autonomie accordée au Kosovo et ce que pourrait signifier le maintien de la souveraineté serbe... Une chose est en tout cas certaine : Belgrade se félicite de la reprise des négociations, qu’elle considère comme un premier succès diplomatique.

Danas (D) : Cent jours au gouvernement... Quelles sont les plus grandes réussites du ministère ? Qu’est-ce qui a été fait, qui n’a pas été fait ? Quelles sont vos priorités ?

Vuk Jeremic (VJ) : L’objectif de très grande importance qui a été atteint est d’avoir imposé énergiquement la présence de la Serbie sur la scène internationale, après une longue période de vide consécutive aux élections législatives et aux négociations pour la formation du gouvernement. Je dirais aussi que le gouvernement a été très actif à l’étranger. J’ai visité plus de 20 pays, j’ai rencontré une trentaine de ministres des Affaires étrangères et une centaine d’autres hautes personnalités, tant dans le pays qu’à l’étranger. Je pense que la réussite de tout le gouvernement est due en grande partie au ministère des Affaires étrangères, grâce à plusieurs victoires diplomatiques d’importance. L’une de ces victoires est d’ailleurs le lancement d’un nouveau round de négociations sur le statut du Kosovo. Lorsque le gouvernement a été formé, il semblait que cette reprise des négociations n’aurait pas lieu. Une bonne partie des acteurs internationaux pensaient fermement que les négociations étaient terminées avec le rapport de Martti Ahtisaari présenté au Conseil de sécurité des Nations Unies. Naturellement, ce n’était pas notre avis. La position de notre gouvernement était que les négociations n’avaient pas été menées efficacement, car elles n’ont pas abouti à un compromis alors qu’il était indispensable de trouver une solution acceptable pour les deux parties. Le résultat de nos efforts diplomatiques, non seulement celui du ministère des Affaires étrangères mais de tous les autres organes de l’Etat, a été que, finalement, la communauté internationale a reconnu la nécessité d’ouvrir de nouvelles négociations.

D : Quelles seront les mesures que prendra la Serbie si le Kosovo proclame son indépendance ?

V J : D’un point de vue juridique, cet acte n’aurait aucun sens pour nous. J’espère qu’un tel acte ne recevra pas le soutien de l’Union européenne, et surtout que Pristina ne prendra pas une telle décision.

Que fera la Serbie en cas d’indépendance du Kosovo ?

D : Et qu’en sera-t-il des pays qui reconnaitraient l’indépendance du Kosovo ? Est-ce que la Serbie cessera toutes relations diplomatiques avec eux ?

VJ : Je le répète, j’espère qu’un tel acte n’aura pas lieu. Néanmoins, dans le cas où certains acteurs internationaux, des pays ou des organisations internationales, soutiendraient une décision illégale, la Serbie n’aurait pas d’autre choix que de réexaminer les relations avec tous ceux qui mettraient de la sorte directement en danger notre souveraineté et notre intégrité territoriale, de la même manière que le ferait tous les autres pays du monde s’ils se trouvaient dans une situation semblable.

D : Les experts en géopolitique estiment qu’un partage du Kosovo serait possible, avec des échanges de territoires. Jusqu’où la Serbie est-elle prête à aller pour dégager une solution de compromis ?

VJ : Les médias ont parlé du partage, les experts en ont discuté, et même des personnalités de certains pays étrangers. Notre position est claire. La base de notre plate-forme de négociations est de sauvegarder la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Serbie.

D : Le gouvernement du Kosovo campe sur sa position : rien d’autre que l’indépendance...

VJ : J’espère qu’à la fin de ce processus, nous arriverons à une solution sur laquelle Pristina et Belgrade se mettront d’accord. De toute façon, nous n’accepterons pas la demande d’indépendance de Pristina. Dès le tout début des négociations, nous avons ouvertement, clairement et sans ambiguïté indiqué que c’était inacceptable pour nous. C’est d’ailleurs pourquoi le plan Ahtisaari a été rejeté, car il ouvrait la voie à l’indépendance. J’espère que c’est la raison qui l’emportera, aussi bien parmi les parties engagées dans les négociations que chez les acteurs internationaux, car seule une solution de compromis pourra maintenir durablement la paix et la stabilité dans la région. C’est le but primordial.

D : Que se passera-t-il si les négociations avec Pristina échouent, si le gouvernement kosovar proclame l’indépendance, et si les États-Unis, l’UE, et le Conseil de sécurité des Nations Unies reconnaissent l’indépendance ?

VJ : Tout acte unilatéral d’une partie ou d’une autre aurait des conséquences catastrophiques pour la stabilité de l’ensemble de la région. J’espère que l’on fera peuve de maturité dans le processus de discussion, que l’on comprendra qu’il faut coûte que coûte éviter de telles conséquences. Néanmoins, si des initiatives unilatérales étaient prises, je pense que l’on ne peut pas s’attendre à ce que le Conseil de sécurité soutienne ce genre de comportement. Nous fondons cet avis sur les expériences actuelles et les connaissances que nous avons acquises par nos contacts avec les Etats membres des Nations Unies. Je ne crois pas, en conséquence, que le Conseil de sécurité puisse soutenir cette forme de solution. D’ailleurs, ce ne serait pas une solution. La seule solution acceptable est celle qui contribuera à la paix et à la stabilité, et non pas celle qui nous en éloigne tous.

Quelle souveraineté serbe au Kosovo ?

D : La Serbie n’est plus présente au Kosovo depuis huit ans, depuis le retrait de l’armée, de la police et l’exode massif de 1999. Aucun symbole, aucune institution nationale, l’Etat de Serbie n’a pratiquement plus aucune sorte de pouvoir au Kosovo. Comment en ira-t-il après cette solution de compromis que vous espérez ?

VJ : Notre plate forme est extrêmement claire à ce sujet. Nous proposons aux Albanais une autonomie fondamentale. Nous ne voulons pas diriger les Albanais du Kosovo depuis Belgrade. C’est l’une des propositions les plus flexibles d’autonomie fondamentale jamais faite, si l’on compare aux différents régimes d’autonomie territoriale qui existe dans le monde. En ce qui concerne la souveraineté de la Serbie, elle serait clairement définie, entre autres, par une représentation unique de toute la Serbie devant les Nations Unies et, en général, dans le domaine de la politique extérieure, qui est l’une des plus importantes prérogatives de la souveraineté. Pour ce qui est de la sécurité, nous sommes prêts à être flexibles et à examiner diverses modalités afin de mettre en place une politique appropriée de sécurité et de défense de la Serbie sur le territoire du Kosovo et Metohija. De même, nous voulons faire preuve de flexibilité si le futur statut du Kosovo devait sous-entendre une autonomie dans les rapports avec les institutions financières internationales.

D : De quelle manière la Serbie est-elle actuellement présente au Kosovo ?

VJ : La manière dont la Serbie est présente au Kosovo est réglementée par la Constitution de la Serbie, la Résolution 1244 du Conseil de Sécurité des Nations Unies et les Accords militaires de Kumanovo.

D : De nombreuses sociétés serbes, des biens nationaux, militaires et privés sont restés au Kosovo. Envisagez-vous des dédommagements pour les personnes qui ont perdu leurs biens ? Comment l’Etat va-t-il restituer ces biens ?

VJ : Les négociations dans le cadre du processus Ahtisaari concernaient les rapports économiques et de propriété. Notre proposition pour résoudre cette question est contenue dans les amendements que la partie serbe a présentés au plan Ahtisaari.

 



 

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