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En Afghanistan, les talibans libèrent trois otages sud-coréens |
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Written by News Editor
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Wednesday, 29 August 2007 |

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Trois des 19 otages sud-coréens - 14 femmes et 5 hommes -, détenus par les talibans depuis le 19 juillet, ont été libérés, mercredi 29 août, après la conclusion, la veille, d'un accord entre les extrémistes islamistes et une délégation de Séoul. Les autres devraient suivre dans les prochains jours. L'accord prévoit que les 200 soldats sud-coréens déployés au sein des forces de la coalition dirigée par les Etats-Unis quitteront l'Afghanistan fin 2007, ce qui avait été annoncé en début d'année par Séoul, et la Corée du Sud interdira à ses missionnaires chrétiens de se rendre en Afghanistan.
Cité par le quotidien pakistanais The News, le commandant Abdullah, qui détiendrait les otages, affirme que tous les missionnaires chrétiens sud-coréens présents en Afghanistan devront quitter le pays avant le 31 août. Les 19 otages, qui avaient été enlevés sur la route principale reliant Kaboul à Kandahar, appartiennent à une Eglise presbytérienne mais ils ont nié être venus en Afghanistan pour s'y livrer à du prosélytisme. Le pasteur qui dirigeait la mission avait été le premier des deux otages tués par les talibans. Deux jeunes femmes malades avaient ensuite été libérées.
LARGE EXPOSITION INTERNATIONALE
Cet accord n'est pas vraiment un succès - du moins officiellement - pour les talibans, qui réclamaient la libération de plusieurs des leurs, détenus par le régime de Kaboul, en échange de la liberté des otages. Le gouvernement afghan s'y est refusé. Il n'a même pas pris part aux négociations. Le président Hamid Karzaï avait été très critiqué, en mars, pour avoir accepté de libérer cinq responsables talibans contre la remise en liberté d'un journaliste italien.
Toutefois, on ne peut exclure que de discrètes libérations de prisonniers interviennent ultérieurement, par exemple à l'occasion de l'Aïd El-Kebir dans environ deux mois. Les talibans affirment aussi n'avoir pas réclamé d'argent, ce qui serait étonnant : les précédentes libérations d'otages ont toutes donné lieu à des versements de rançons très importantes.
Les talibans ont toutefois marqué plusieurs points dans cette prise d'otage, obligeant un Etat, proche allié des Etats-Unis, à négocier directement avec eux. La dernière phase de la négociation, mardi, a aussi eu lieu en présence d'un diplomate indonésien et du chef du Comité International de la Croix-Rouge (CICR).
Cette prise d'otage a aussi offert aux talibans une large exposition internationale qu'ils ont utilisée au maximum. Ils ont même convoqué une conférence de presse à Ghazni (220 km au sud de Kaboul), invitant des organes de presse à faire parler les otages, diffusant des vidéos soigneusement préparées. Sous les conseils directs d'Al-Qaida, les talibans ont fait de très gros "progrès" en matière de communication.
Les talibans ont aussi montré que, dans une région où sont déployés des milliers de soldats étrangers et afghans, ils peuvent détenir 19 personnes pendant plus de cinq semaines, circuler et opérer à leur guise. Cette liberté de mouvement implique - au minimum - un soutien tacite de la population. Celle-ci ne peut qu'en déduire que les talibans sont une force réelle qu'il n'est peut être pas nécessaire de combattre.
Le calendrier et la manière dont seront libérés les otages devaient être détaillés, mercredi, par les talibans qui avaient séparé les otages en plusieurs groupes. La milice islamiste détient toujours, dans la province voisine de Wardak, un otage allemand de 62 ans et quatre de ses compagnons afghans.
L'accord annoncé intervient à un moment où les combats redoublent d'intensité en Afghanistan. Selon les forces de la coalition dirigées par les Etats-Unis, une centaine de talibans auraient été tués, mardi, dans la province de Kandahar, notamment par des bombardements aériens sur leurs positions dans le district troublé de Shah Wali Kot.
Ce bilan est toutefois invérifiable de sources indépendantes en raison de l'impossibilité de se rendre sur place. D'autre part, 17 soldats étrangers ont été tués depuis le début de la semaine en Afghanistan. |