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Plus de 42 millions de Turcs sont appelés aux urnes ce dimanche pour élire leur nouveau parlement. Il s'agit en fait d'élections anticipées, décidées au printemps dernier par le Premier ministre Erdogan. A l'époque, une crise opposant le parti islamiste au pouvoir et les défenseurs de la Laïcité au premier rang desquels se trouve l’Armée, avait empêché la désignation d'un nouveau président de la République…..
Selon toute vraisemblance, 4 groupes devraient être représentés à l'Assemblée, soit l’AKP du premier ministre, le Parti républicain du peuple (CHP), principale formation d'opposition, les activistes pro-Kurdes mais aussi le Parti du Mouvement nationaliste (MHP), les Loups gris d'extrême droite. Mais quelle que soit leur représentation, l'hégémonie de la formation de Tayyip Erdogan ne devrait pas s'en trouver menacée. Pas un sondage depuis plus de 6 mois qui ne promette en effet à l'AKP (Parti de la Justice et du Développement, issu de la mouvance islamiste, du premier ministre Tayyip Erdogan) une victoire confortable aux législatives avec 35 à 40% des voix, si ce n'est plus. Le seul doute possible portant sur une majorité suffisante ou non pour gouverner seul, sans coalition. Si ce n'est pas le cas, je quitte la politique, prévenait même il y a peu le Premier ministre. Il n'en aura certainement pas besoin, avec au moins 300 sièges de Parlementaires sur 550. En revanche, il est certain que la représentation du parti de la Justice et du Développement sera insuffisante pour atteindre la majorité des 2/3, soient 367 sièges, qui lui aurait permis d'élire le Président. Pour atteindre ce chiffre, il lui faudra forcément faire une alliance avec l'un ou l'autre, peut-être les indépendants kurdes. C'est l'entrée des nationalistes au Parlement qui a dispersé les sièges nécessaires, alors que les socio-démocrates (CHP) demeurent la deuxième représentation au Parlement. La performance est malgré tout unique dans l'histoire du pays, puisque aucun parti de gouvernement n'avais jamais auparavant été confirmé par les urnes au terme de son mandat. Une République laïque : La Turquie est une République laïque qui fait figure d'exception dans le monde musulman. Et au premier rang des défenseurs de cette laïcité : l’Armée. Au printemps dernier, elle avait mis en garde contre toute remise en cause de la laïcité de l'Etat turc. Elle s’est soudain fait discrète pendant toute la campagne électorale….. Un silence assourdissant : Il est parfois des silences assourdissants qui laissent sans voix, surtout quand ils émanent de la "grande muette". Lapalisse n'aurait pas mieux résumé la situation de ce scrutin sur lequel plane l'ombre épaisse de l'Armée, soudain discrète après avoir fait trembler le petit monde de la politique pendant plusieurs mois. Il n'en faut pas moins pour lancer rumeurs et spéculations sur l'attitude des généraux une fois les résultats de l'élection connus. Ils avaient en effet tenté d'orienter l'élection présidentielle au Parlement, ensuite annulée par la Cour Constitutionnelle, puis ouvertement appelé, en pleine campagne pour les législatives, la population à se mobiliser sur les sujets polémiques du moment, non sans empiéter donc sur la politique. A tel point que la Commission Européenne leur avait rappelé leur obligation de réserve. Mais avec la victoire annoncée du parti du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, il leur faut bien constater que, si leur but était de faire basculer la majorité gouvernementale, ils ont platement échoué. L'état-major voit maintenant revenir le spectre d'un nouveau scrutin présidentiel à haut risque, ce qui n'est guère pour lui plaire. |