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Libye : les infirmières bulgares échappent à la peine de mort PDF Print E-mail



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Written by News Editor   
Wednesday, 18 July 2007

Tripoli a commué la peine des infirmières et du médecin après que les familles des enfants libyens contaminés par le sida ont chacune reçu un million de dollars.

REPOUSSÉE de vingt-quatre heures dans l'attente d'un document signé par les familles des victimes, la séance du Conseil supérieur des instances judiciaires libyen s'est tenu dans la soirée d'hier. La veille, les familles avaient commencé à recevoir, chacune, un chèque d'un million de dollars et, dans la matinée d'hier, elles venaient retirer l'argent dans les banques.
Une fois rassurées sur la réalité des compensations financières versées, elles étaient prêtes à officialiser leur renoncement à la peine capitale pour les infirmières bulgares et le médecin d'origine palestinienne jugés coupables d'avoir inoculé le virus du sida à 438 enfants de Benghazi. En fin d'après midi, Idriss Lagha, le porte-parole des familles, annonçait que « toutes les familles avaient reçu les dédommagements » et qu'elles avaient signé le document dans lequel elles « renoncent à la peine de mort contre les infirmières ». Ce document a alors été transmis à la Fondation Kadhafi, présidée par le fils du numéro un libyen qui, à son tour, le remettait au Conseil supérieur des instances judiciaires.
Ce Conseil, instance politique qui dépend du ministre de la Justice, pouvait alors se réunir dans la soirée pour, au terme d'un feuilleton judiciaire commencé en février 1999 et achevé le 11 juillet avec la confirmation du verdict par la Cour suprême libyenne, commuer les peines de mort en peines de prison à vie.
Compte tenu « de la période passée par les infirmières en prison, de leur âge et de considérations humanitaires », comme le rappelait il y a quelques jours le ministre libyen des Affaires étrangères, le Conseil supérieur aurait aussi pu réduire ce délai d'emprisonnement et même le faire coïncider avec les années déjà passées par les Bulgares dans les geôles libyennes : huit ans et demi. Dans ce dernier cas, Kristiana Valtcheva, Nassia Nenova, Valia Tcherveniachka, Valentina Siropoulo et Snejana Dimitrova, ainsi que Achraf Joumaa Hajouj, récemment naturalisé bulgare, auraient immédiatement recouvré leur liberté. Pour y parvenir, ils ont déposé une « demande de pardon et de clémence » et se sont engagés, selon leur avocat libyen, Othman Al-Bizanti, à ne pas poursuivre Tripoli à l'avenir pour leurs années de détention en Libye.
« Pardon et clémence »
Depuis leur arrestation en février 1999 dans le cadre d'une enquête sur les circonstances dans lesquelles des centaines d'enfants ont contracté le virus du sida dans un hôpital de Benghazi, les Bulgares ont toujours clamé leur innocence, affirmant que leurs aveux avaient été arrachés sous la torture. Comme l'avaient expliqué deux éminents spécialistes du virus, le Français Luc Montagnier et l'Italien Vittorio Colizzi, la contamination des enfants résultait des mauvaises conditions d'hygiène de l'hôpital et ne saurait être le résultat d'une quelconque action malveillante de ce personnel soignant venu de l'étranger. L'épidémie aurait commencé, assuraient-ils, un an avant l'arrivée des infirmières bulgares.
Tandis que la procédure judiciaire se poursuivait avec de premières condamnations à mort en mai 2004, les diplomates occidentaux s'activaient pour tenter de trouver une issue. Des enfants malades étaient accueillis en France et en Italie pour y être soignés, le fils du président Kadhafi, à la tête de sa Fondation, jouait les médiateurs, un fonds spécial d'aide aux victimes était créé sous l'égide de l'Union européenne (voir ci-dessous). L'épouse du président français, Cécilia Sarkozy, leur a rendu visite le 12 juillet.
Il n'est pas toujours facile de voir clair dans ce feuilleton où rien ne semble jamais acquis, où à tout moment le scénario envisagé est revu, corrigé, avec de nouveaux interlocuteurs, des réseaux changeants, des influences diverses et un équilibre mouvant entre médiatisation et discrétion. À Tripoli, hier, Zdravko Guéorgiev, le mari d'une des infirmières, campait en compagnie de journalistes devant l'ambassade de Bulgarie dans l'attente de la décision du Conseil supérieur. Il se voulait « optimiste ». Sofia espère que très vite, les infirmières et le médecin, dont l'état physique et psychologique est préoccupant, pourront regagner la Bulgarie dans le respect des accords d'extradition entre les deux pays.
 

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