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Au vingtième jour des affrontements autour du camp de Nahr el-Bared, l’armée a marqué plusieurs points dans son combat contre Fateh el-Islam. Les positions du Khan, de Samed, de Taawniyé (coopérative), désormais célèbres, ont été complètement détruites par l’artillerie de l’armée.
En tout, quatre immeubles sont tombés sous le contrôle des soldats. Sous ces bâtiments, des caches d’armes et des tunnels ont été découverts. L’accès aux principaux dépôts de ravitaillement a ainsi été coupé. Dans ce contexte, Abou Houreira, le commandant militaire de Fateh el-Islam, a été remplacé par Chahine Chahine, le porte-parole du groupuscule. Selon Fateh el-Islam, Abou Houreira « n’est pas apte à commander ». Selon l’armée, ce dernier a été tué. Quant à Chaker el-Absi, le chef de Fateh el-Islam, il serait grièvement blessé et ses jours seraient comptés. La troupe a également continué à ratisser les bâtiments qu’elle contrôle désormais à l’intérieur du camp, découvrant et désamorçant davantage de bombes laissées par les terroristes ayant battu en retraite. Hier, l’armée a perdu un soldat, tombé sous les balles d’un franc-tireur, ce qui porte à 105 le nombre de morts depuis le début des affrontements, le dimanche 20 mai dernier, dont 46 soldats. Alors que les islamistes visaient les positions de l’armée autour du camp et tiraient obus et balles sur des immeubles habités par des civils à l’extérieur du camp, les soldats ont continué à pilonner les positions d’où partaient les obus et les balles des terroristes. Plusieurs membres de Fateh el-Islam ont été tués. Signe d’une défaite annoncée, Fateh el-Islam a menacé d’étendre la bataille à l’ensemble du territoire libanais. « Nous frapperons au-delà du camp si l’armée poursuit ses bombardements destructeurs », a déclaré le porte-parole, Chahine Chahine. Neuf ambulances du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et du Croissant-Rouge palestinien ont réussi à faire parvenir, hier, des médicaments à l’intérieur du camp, d’où elles ont évacué 45 personnes, dont 33 hommes. Les témoignages de ces derniers ont été recueillis par des enquêteurs militaires. Environ 4 000 réfugiés, sur 31 000, vivent toujours sur les lieux. Hier, deux membres du Front d’action islamique, dirigé par Fathi Yakan, se sont rendus dans le camp pour des pourparlers avec le chef militaire du groupe sunnite extrémiste, Chahine Chahine. « Les membres de Fateh el-Islam sont dans une impasse, ils ne peuvent que se rendre, a déclaré Fathi Yakan. La seule chose qui les convaincra, c’est la charia et la raison religieuse. » Au Liban-Sud, le calme a régné dans les principaux camps palestiniens où des patrouilles des factions de l’OLP et de la coalition des factions islamistes palestiniennes ont circulé. Signalons, enfin, que le ministre palestinien des Affaires sociales, Saleh Zaydani, est arrivé à Beyrouth, mandaté par le président Mahmoud Abbas et le Premier ministre Ismaël Haniyé pour trouver une issue à la crise de Nahr el-Bared. |