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Nahr al-Bared truffé de mines par les terroristes PDF Print E-mail



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Written by News Editor   
Thursday, 07 June 2007

Les réfugiés du camp de Nahr al-Bared rêvent tous de retourner chez eux une fois terminés les affrontements entre les terroristes et l'armée libanaise. Mais ça pourrait être bien plus long qu'ils le croient. Et terriblement dangereux pour ceux qui s'y précipiteront malgré les mises en garde.

Tripoli Les terroristes du Fatah al-Islam ont infesté Nahr al-Bared de mines. Ils en ont mis partout: dans les jouets, les maisons, les cadavres, les autos, les animaux morts.

«Il nous faudra au moins trois semaines pour nettoyer le camp», affirme Sean Sutton, directeur de MAG, une organisation spécialisée dans le déminage.

MAG veut d'abord tracer un couloir à travers le camp, puis nettoyer le quartier général des Nations unies pour que les groupes humanitaires puissent s'y installer. Ensuite, elle s'attaquera aux maisons, voitures, cadavres et autres bombes ambulantes.

Installé sur le toit d'un immeuble qui donne sur le camp de Nahr al-Bared, Sean Sutton essaie d'évaluer l'ampleur des dégâts. Dès que des colonnes de fumée s'élèvent, il sort sa caméra et filme le camp assiégé.

Le soleil tape fort et le chant des oiseaux se mêle étrangement au choc sourd des bombes et à l'appel du muezzin. Des bruits discordants, à l'image de ce pays déchiré entre la paix et la guerre, écartelé entre ses 17 communautés religieuses et sa vingtaine de partis politiques.

Ni les services de renseignement libanais ni MAG ni les factions palestiniennes, qui vivaient dans Nahr al-Bared avant que les terroristes du Fatah al-Islam s'y barricadent, n'osent avancer de chiffres sur le nombre d'engins explosifs.

Nahr al-Bared, c'est deux kilomètres carrés de terrain furieusement bombardés pendant plusieurs jours.

«On se prépare au pire, dit Sean Sutton. Environ 10% des bombes, grenades ou roquettes n'explosent pas. Elles restent au sol, chargées, dangereuses. Les enfants, attirés par l'éclat du métal, les prennent pour des jouets. Ils les manipulent et boum! elles éclatent.»

Et c'est sans compter les mines fabriquées à la mitaine par les combattants du Fatah al-Islam. «Tu ouvres la lumière, une porte, un robinet, et ça explose, poursuit Sean Sutton. Tout peut être transformé en bombe.»

Dès que les armes se tairont, MAG espère entrer dans le camp. Mais avant d'y mettre le pied, l'organisation devra, avec l'ONU, naviguer dans les eaux troubles des susceptibilités palestiniennes, tout en ménageant l'armée. De la haute voltige.


Le déminage, pas évident


Car n'entre pas qui veut dans un camp palestinien. Même si Nahr al-Bared est au Liban, ce sont les factions palestiniennes qui le dirigent et prennent toutes les décisions, incluant le déminage. Le camp est un État dans un État.

Le Fatah du défunt Yasser Arafat, une des 17 factions présentes dans les camps de réfugiés, est conscient des dangers et prêt à laisser l'ONU et MAG nettoyer la place.

Ont-ils un plan pour avertir les gens de ne pas se ruer vers Nahr al-Bared dès que la paix sera rétablie?

«Un plan? Non», admet un des dirigeants du Fatah, Marhi Nasser. Il regarde avec perplexité son collègue, Hage Al Khalil, qui hausse les sourcils. Non, pas de plan.

Dès que la paix sera rétablie, les 30 000 réfugiés qui ont fui Nahr al-Bared vont s'empresser de plier bagage et rentrer chez eux. Ils n'en peuvent plus de vivre à 30 ou 40 dans des classes surchauffées à Beddaoui, un camp voisin de Nahr al-Bared, ou dans des familles d'accueil éparpillées au Liban. Ils n'ont qu'une idée en tête, retourner chez eux.

Certains sont prêts à attendre, surtout les femmes qui ont des enfants. D'autres ignorent l'existence des mines. Les hommes, eux, sont impatients. «Je suis prêt à partir, même s'il y a des mines, dit Bassam Aref. Mon frère vit là-bas, sous les bombardements.»

Sa femme enceinte et sa petite fille vont l'attendre à Beddaoui. Lui, ira planter sa tente et reconstruire sa maison démolie par les bombes.

«Nous allons convaincre les gens d'attendre trois semaines, le temps de tout nettoyer, explique Sofia Dedes, porte-parole de l'Office des réfugiés de Palestine de l'ONU (UNRWA). Nous préparons une campagne de sensibilisation.»

Sean Sutton secoue la tête. Il ne partage pas son optimisme. «Je pense qu'on n'aura pas plus de cinq minutes», laisse-t-il tomber.

 

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