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La Ligue arabe accuse l'ONU de passivité | La Ligue arabe accuse l'ONU de passivité |
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| Written by Zara Edit | |
| Wednesday, 09 August 2006 | |
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L'évolution diplomatique du dossier israélo-libanais était à l'image du front militaire hier, intense et à l'issue plus qu'incertaine. Si la proposition libanaise d'envoyer 15 000 de ses soldats à la frontière avec l'État hébreu a été accueillie favorablement par Washington, mais aussi, dans une moindre mesure, par Israël, Tsahal semblait néanmoins sur le point de lancer une vaste opération afin de prendre le contrôle du Sud-Liban, une tâche qui s'annonce particulièrement ardue.
Une délégation de la Ligue arabe a pourtant demandé hier à l'ONU le retrait des 10 000 militaires israéliens du territoire libanais comme élément indispensable de tout accord de cessez-le-feu, illustration de la difficulté à trouver une sortie à cette crise qui entame aujourd'hui sa cinquième semaine. Hamad ben Jassem ben Jabr Al-Thani, vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, a souligné que toute résolution devrait appeler à «un cessez-le-feu immédiat et complet et à un retrait des forces israéliennes derrière la ligne bleue», qui marque la frontière entre Israël et le Liban. Un tel retrait doit être un élément clé de toute «paix équitable et globale», a ajouté le ministre qatari, qui dirigeait la délégation, lors d'un débat public au Conseil de sécurité. Cet amendement à la proposition franco-américaine est réclamé à grands cris par le gouvernement libanais, mécontent du projet de résolution initiale. Le texte, toujours en cours de négociation, ne sera pas soumis aux voix avant demain, au mieux. On sait toutefois que la résolution sera amendée pour tenir compte des objections du Liban et de la Ligue arabe. C'est ce qu'a annoncé hier soir l'ambassadeur de la France à l'ONU, Jean-Marc de la Sablière, sans en préciser la teneur. La version finale inclura probablement le déploiement de 15 000 soldats libanais dans le sud du pays, avait dit plus tôt le porte-parole du département d'État américain, Sean McCormack. La question de l'envoi d'une force internationale était aussi à l'étude, afin de soutenir l'armée libanaise, que les États-Unis jugent trop faible pour arriver, seule, à maîtriser le Hezbollah. «Actuellement, cette entité n'est pas assez solide pour arriver, à elle seule, à exercer un contrôle total de la partie sud du Liban. C'est pourquoi il faut une force internationale», a expliqué M. McCormack.
Espérant influer sur le débat à l'ONU pour obtenir l'arrêt des hostilités, le gouvernement du premier ministre libanais Fouad Siniora a également dit qu'il était prêt à reprendre le contrôle du sud du pays, pour la première fois depuis près de 40 ans. Jamais M. Siniora n'avait osé prétendre vouloir étendre l'autorité de l'État sur la région frontalière, qui, non seulement échappe à un véritable contrôle des troupes nationales depuis la fin des années 60, date de l'arrivée des combattants palestiniens au Liban, mais est aussi et surtout considérée comme la chasse gardée du Hezbollah. Israël a pour sa part accueilli avec prudence la proposition de déploiement libanais. «C'est un pas intéressant que nous devons examiner. Nous devons en vérifier tous les aspects et voir dans quelle mesure il est réalisable dans un temps raisonnable», a déclaré le premier ministre Éhoud Olmert. Mais l'élimination du Hezbollah demeure au coeur de ses préoccupations. «Plus vite nous évacuerons le sud du Liban, plus nous serons satisfaits. Mais cela ne sera possible que lorsque nos objectifs seront réalisés», a-t-il ajouté.
Une opinion partagée par Jean-Pierre Derriennic, professeur au département de science politique à l'Université Laval et spécialiste du Moyen-Orient. Il se dit d'ailleurs pessimiste sur la suite des événements, estimant qu'«une sortie rapide est improbable». Car «même si un cessez-le-feu est décrété, comment va-t-on empêcher le Hezbollah de frapper Israël ? Et de son côté, Israël va-t-il riposter avec force au moindre accrochage» ? Cela équivaudrait selon lui à revenir à la case départ. M. Derriennic estime que la présence de Tsahal pourrait aisément duré encore six mois. Le Sud-Liban coupé du monde Après avoir annoncé lundi que l'offensive en cours n'avait «aucune limitation», M. Olmert doit réunir aujourd'hui le cabinet de sécurité pour envisager une éventuelle extension des opérations terrestres au Sud-Liban. Mais déjà les préparatifs en vue d'un déploiement plus large battent leur plein, selon la radio militaire israélienne. Renforçant la pression sur les habitants restés terrés dans le Sud libanais, l'aviation israélienne a largué des tracts avertissant qu'elle bombardera «tout véhicule circulant au sud du Litani», fleuve qui coule d'est en ouest au nord de la frontière israélo-libanaise, à une distance d'Israël variant entre 5 et 30 km. En raison de cet avertissement, les agences humanitaires de l'ONU ont même dû suspendre leurs livraisons d'aide dans le sud du Liban. «C'est chaque jour un peu plus difficile de faire parvenir des convois et plusieurs sont annulés, a expliqué hier le porte-parole de la Croix-Rouge, Charlie Musoka. Selon M. Musoka, les hôpitaux libanais manquent désormais de carburant, pourtant essentiel pour faire fonctionner les génératrices. Dans certains cas, ils devront aller jusqu'à fermer leurs portes. Hier, de très violents combats ont aussi opposé soldats israéliens et combattants du Hezbollah dans la partie ouest de la zone frontalière, où trois soldats de Tsahal ont été tués et cinq blessés. D'autres combats ont eu lieu dans le village de Debel, près de Bint Jbeil. L'état-major israélien a nommé le général Moshe Kaplinsky, un vétéran des campagnes au pays du Cèdre, au poste de coordinateur des opérations militaires pour le secteur Nord, limitrophe du Liban. Cette mesure équivaut dans les faits à rétrograder son prédécesseur, le général Udi Adam. Ce désaveu intervient alors qu'un nombre grandissant d'Israéliens se demandent pourquoi l'armée la plus puissante de la région ne parvient pas à faire taire la milice chiite. Car, malgré les frappes quotidiennes, qui en étaient à leur 28e journée hier, plus de 140 roquettes se sont abattues sur le nord d'Israël, où 36 civils ont été tués, alors que 63 militaires ont péri depuis le début du conflit. Côté libanais, plus de 1000 civils sont morts et 1 million ont été déplacés. |
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