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Festival de Carthage : Presence libanaise concretisée par Fadl chaker et wael kfoury abscent ! | Festival de Carthage : Presence libanaise concretisée par Fadl chaker et wael kfoury abscent ! |
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| Written by Zara Edit | |
| Monday, 03 July 2006 | |
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Dans deux semaines, la 42ème session du Festival de Carthage illuminera de ses feux, comme de coutume, l’été tunisien. Quatre semaines de “festivite” aigüe entre Orient et Occident et la Tunisie dans le fauteuil central. 59% des spectacles dispatchés entre quatre espaces sont tunisiens, quand le reste est partagé entre les invités… ceux de Rotana qui a choisi le profil bas et ceux du Festival qui reviennent avec du mordant. Le directeur artistique, le comédien Raouf Ben Amor, se confesse ci-après sur des sujets rarement exposés : la programmation et ses aléas, l’argent et sa couleurs, le public et ses contour… Raouf ben Amor, avant la session 2005 du Festival de Carthage, tu m’avais assuré que ce sera là, la seule et unique session que tu dirigeras. Après, tu vaqueras à tes occupations… Mais voilà que tu “rebelotte” pour 2006. Quelles en sont les raisons ? D’abord, depuis vingt ans et plus, je suis membre du Comité directeur de ce festival. Donc, quand les rênes de ce festival m’ont échu, j’ai renoué avec son passé et avec sa vraie vocation. De cet angle, une session suffisait pour remettre les pendules à l’heure et le train dans le bon sens. Or, je m’étais rendu compte, à la fin de la dernière session, que tous les paramètres avaient changé, que le public n’est plus le même… J’ai vu des spectacles de très grande qualité qui ne rencontraient plus leur public… D’où le sentiment d’amertume comme quoi ma session n’était pas aussi réussie que je le pensais. De là, quitter sur un demi-succès ne me plaisait pas du tout. Je savais que les conditions allaient être plus difficiles, selon la conjoncture économique. Le ministre m’avait assuré que ce n’était qu’une session et qu’il fallait reprendre le budget initial du Festival, à savoir un million et demi de dinars… J’ai suivi les critiques des gens et de la presse à propos de la multiplicité des espaces, le nombre des spectacles (106 en cinq semaines)… J’ai vu le problème du transport en commun et plein d’autres. Heureusement, j’avais quelques solutions en tête. Je me suis dit alors : que vais-je perdre à prendre une autre session qui sera plus raisonnable, plus équilibrée ? Ainsi, on pourrait montrer qu’avec un budget raisonnable, on pourrait monter une session crédible… Comme quoi, s’il y a moins d’argent, il y aura moins de spectacles. Mais on ne touche pas à la qualité… Donc, pour la programmation de la session 2006, ce sont les mêmes objectifs, le même esprit, la même démarche, le même principe, mais moins long (quatre semaines avec quatre espaces au lieu de six, précédemment)… Il me paraît étrange qu’un festival de la grandeur de Carthage n’entreprenne pas des études de son public. Et quand tu prends les rênes, tu sais déjà que le public a changé. Ces études existent-elles ou non ? Ces études n’ont jamais existé. Et c’est ce que j’ai fait l’année dernière. Pendant toute la durée du festival, une filiale d’Ipsos-France avait pris en charge une étude, avec bien sur, l’accord de M. le Ministre et sur un échantillon de dix spectacles différents, orientaux, occidentaux, jeunes et moins jeunes. Le résultat est là… C’est quoi ce résultat ? D’abord le public essentiel de Carthage : son âge moyen se situe dans la fourchette des 20/30 ans. Ce public veut du Tunisien d’abord, de l’Oriental ensuite et un peu d’ouverture sur le monde. Déjà, c’est le monde à l’envers. En 1964, Carthage était d’abord une fenêtre ouverte sur le monde. Aujourd’hui, il est centré sur le National. Quelles sont les raisons de cet “ enfermement ” sur le National ? Non, ce n’est pas un enfermement. C’est quelque part positif, puisqu’il y a tellement de productions, tellement de troupes de théâtre, de chanteurs qui montent. L’air du temps est qu’ils veulent voir le maximum de leurs vedettes… Ce n’est pas une raison. Ils sont ici à longueur d’année et le public peut les voir à sa guise… N’est-ce pas une des séquelles de ce qu’on désigne par la mondialisation, à savoir que le National se recroqueville sur lui-même… Non, je ne crois pas que ce soit là leur préoccupation. Ses vedettes nationales comme Lotfi Bouchnak, Saber Rebai ou Amina Fakhet… le public ne les voit pas à longueur d’année parce qu’il n’y a pas de moyens, pas de producteur. A part l’Etat, qui pourrait produire un spectacle de l’envergure de Carthage ? Je ne crois pas que ce soit un renfermement ou une question identitaire… Ils veulent voir leurs artistes sur la grande scène et c’est légitime. Ce qui m’embête, ce sont les 20% d’ouverture sur le monde. A la limite, j’aurais aimé que ce soit fifty-fifty. D’un autre côté, pourquoi pas ? Il suffit que les 50% tunisiens soient de bonne facture et d’une qualité qui leur permet d’accéder à la scène mythique de Carthage… On ne parle pas du Maghreb mais seulement du Moyen- Orient… Parlons du Moyen-Orient… Des chanteurs de cette région du Monde arabe, il y en a des centaines qui sont connus, des stars petites ou grandes. Mais les voix de qualité se comptent sur les doigts d’une main… Donc, il faudrait faire de la sorte qu’une ou deux voix soit présentes. Rotana a 97 artistes sous contrat…et c’est pour cela qu’elle nous ramène ce qu’elle veut. Depuis l’année dernière, nous avons dit : Non. Sur les 97, il n’y en a que cinq ou six qui méritent la scène de Carthage. Selon quel critère as-tu choisi les vedettes orientales ? C’est leur genre de musique. C’est la voix. C’est leur présence sur scène. C’est l’art en général. Par exemple, cette année, le public tunisien va découvrir pour la première fois Hussein al-Jasimi, des Emirats. C’est un type qui fait de la très belle musique. Il innove. Même quand il puise dans le patrimoine, il l’élabore. Et puis, il a une voix très puissante et une présence sur scène. C’est un musicien doublé d’un chanteur… N’est-ce pas lui qui a emprunté la chanson de Habbouba ? Oui, il l’a empruntée. Et puis on dit – et je suis ignorant là-dessus – que c’est du patrimoine folklorique marocain que Habbouba l’a prise… Dès qu’il eut vent de la chose, ils ont discuté. Il a proposé une somme. Habbouba n’était pas d’accord. Maintenant, c’est réglé et il a payé ce qu’il faut. L’important est qu’il a flashé sur “ Ak-Dillali ” et n’était pas prêt à la lâcher… Le problème est résolu. Toujours d’après la presse (rire)… Quelles sont les autres conclusions de cette étude, comme les conditions financières d’accès aux spectacles etc. Tout le monde dit par exemple que les billets sont chers. C’est 15 dinars pour les grands spectacles (occidentaux et étrangers) et 10 dinars pour les tunisiens… C’est le minimum pour des stars qui coûtent 400.000 dinars. C’est une décision de l’Etat, une orientation prise par le ministère selon laquelle les spectacles doivent être à la portée de tout le monde. Pour quelqu’un qui viendrait trente jours de suite, je comprendrai qu’il va casquer 450 dinars. Mais il n’est pas obligé de venir tous les soirs… Et pour les familles nombreuses… Il y a les abonnements. Cette année, on fera un effort spécial sur les abonnements… Si l’on veut venir plus souvent, le festival consent une réduction assez importante qui atteint un prix symbolique. Payer 150 dinars pour 20 spectacles, ce n’est pas cher. Nous voyons des spectacles se tenir en Tunisie avec des billets à 40 et 60 dinars… Il y a 35 et 200 dinars pour Mariah Carey… Là, c’est déjà un évènement hors pair. Mais je parle des vedettes orientales qu’il verra à Carthage pour 15 dinars alors que c’est 60 dinars au printemps dans les hôtels ou à la Qubba. Je crois que c’est un faux problème. On ne peut pas brader la culture. L’Etat ne peut pas faire un effort supplémentaire. C’est déjà énorme qu’il investisse quelques milliards dans à peu près 270 festivals d’été… ça c’est un chiffre. Je dirai qu’il n’y a que 15 festivals d’été dont 10 internationaux… De toutes manières, c’est un choix politique, c’est une tradition tunisienne. Le Colisée d’El-Jem ou le Théâtre romain, c’est une tradition qui date de trois mille ans. Le public devrait faire un effort pour venir et aider cet effort de l’Etat et sauvegarder la culture… Parlons du public. D’après ce qu’on voit dans la rue tunisienne, ce public est touché par le voile oriental. D’après toi, ceci n’influe-t-il pas sur la programmation et le choix de certains chanteurs ? Non, je ne vois pas le rapport et je ne le crois pas. Le public qui vient à Carthage, c’est le même public. Mais depuis les cinq dernières années, c’est un public jeune. Les femmes voilées ne sont pas dans la même proportion qu’au Moyen- Orient où on ne voit que ça. Ici, c’est une minorité quand même. Ces femmes adorent ce genre de spectacles, y viennent et y dansent. Ce sont des citoyennes. Elles sont consommatrices de divertissement et de produits culturels… La question de la foi et de sa manifestation est un autre problème… L’année dernière aussi, tu m’avais dit que tu voulais insuffler dans la programmation du festival une part personnelle… Cette part s’est- elle maintenue ou s’est-elle réduite comme une peau de chagrin ? Je l’ai maintenue. On fait la différence entre divertissement et culture, moi, je ne la fais pas. Pour moi, la culture est un divertissement et vice versa… Mais si l’on désigne le divertissement par ce que les jeunes entendent, je réponds : alors ne le cherchez pas à Carthage. Ici, c’est d’abord la culture, et si le Ministère n’investit pas dans la culture, qui va le faire ? Les organisateurs et les imprésarios font dans le commercial pour gagner beaucoup d’argent. Et ce n’est pas le rôle du festival, qui appartient à 100% au Ministère qui veut faire du “ purement culturel ” et c’est là son rôle… l’adage qui dit “ al-Jumhur ‘awiz kida ” (le public le veut ainsi) ne marche pas. Si le public m’emmène vers le gouffre, je ne le suis pas… Là aussi, tu avais séparé l’année dernière entre le festival proprement dit et les autres fêtes caritatives genre “ farhat chabab tounès ” … En réduisant la part du festival, tu as augmenté celle des autres… Pourquoi ? Et pourquoi pas ? Je suis dans le domaine associatif depuis des lustres. Je suis membre de SOS, du Lion’s Club… Je crois en cette action de la société civile à qui on ne demande pas de faire un effort comme on le demande au ministère de la Culture… On leur laisse cet espace car il faut bien que ces associations gagnent de l’argent, surtout que plusieurs d’entre elles font du bon travail. Il y a de l’argent qu’elles investissent pour les handicapés et c’est bien… Seulement, il faut séparer entre elles et le festival. Durant le festival, la programmation est d’une certaine facture, après c’est un espace loué… A partir du moment où tu as loué cette salle, tu es libre d’y faire ce que tu veux… Au niveau de la communication, du feed back, ces associations profitent de l’aura du Festival… Elles peuvent jouer sur la confusion… Oui, c’est vrai. Mais on n’a pas le choix. On n’a pas plusieurs espaces qui peuvent contenir entre sept et huit mille personnes. Le jour où il y aura un autre espace de plein air, elles le choisiront peut- être… C’est l’unique espace et il faut le partager. C’est légitime que ces associations le veuillent. Mais être intégré au Festival, c’est impossible. On ne peut pas présenter le théâtre No aujourd’hui et après-demain le ballet de la Corée du Sud et entre les deux un spectacle de mezoued (cornemuse populaire), c’est impossible. Je n’ai rien contre le mezoued… C’est une question d’harmonie d’une trentaine de spectacles durant un mois selon une certaine facture… Un spectacle qui s’y infiltre pourrait dénaturer l’ensemble… Ça s’est déjà vu quand un spectacle non programmé par le Ministère avait une affiche du ministère et programmé à Carthage sans l’accord du ministère… Ça-n’est plus possible, car il fallait se mettre autour d’une table avec ces gens-là. Il faut les convaincre. Entre le 12 et le 26 août, il n’y a aucune différence. L’été est toujours là jusqu’à fin octobre et, de ce fait, ils ont la possibilité de faire leur programmation en dehors du Festival… Il y a des associations qui ont insisté… Comme l’Union Nationale des Femmes Tunisiennes par exemple… Oui. On ne peut pas changer le 13 août. On a discuté avec la présidente de cette Union, elle a compris. On lui a proposé des noms et elle a choisi. Et c’est terminé. Ils ont compris qu’entre le 15 juillet et le 15 août, on laisse les gens faire leur boulot. Après, on leur laisse le théâtre pendant un mois, elles en font ce qu’elles veulent… Venons-en à la session 2006. Quelles en sont les particularités ? C’est la présence tunisienne qui est de 59%. Prenons le cinéma par exemple. Cette année, cinq ou six films vont sortir en salles, dont Kilmat Rjal de Moez Kammoun, celui de Moncef Dhouib “ La télé arrive ” dans une première mondiale et puis “Dix courts, dix regards” qui est une excellente initiative de Brahim Letaief. L’année dernière, c’était trop tard pour la programmer et nous le faisons cette année., on va aussi présenter “Halim”, ne serait-ce qu’en hommage à Abdelhalim le chanteur et Ahmad Zaki le comédien. Dernièrement, j’ai découvert Imarat Yacoubian. Je n’ai aucune idée sur le film, mais le roman, traduit en français, a eu l’honneur des émissions télé pendant une semaine. En rentrant de Paris, en téléphonant, j’ai su qu’un distributeur tunisien a les droits. Cette année, nous n’avons pas les moyens d’inviter Adel Imam, on la joue très serrée… Mais la comédienne est la tunisienne Hind Sabry. Elle pourrait loger chez elle, non ! Tu viens de me donner une idée : Hind Sabry a elle seule ne peut pas présenter ce film. Si elle peut venir avec le metteur en scène, ça oui. C’est possible… Pour l’ouverture et selon les bruits “cultureux” de la ville, tu comptais sur Mohammed Driss pour une ouverture théâtrale, mais c’est loupé. Faute de temps ? Faute d’argent ? L’année dernière, tu t’en souviens, j’ai souhaité ouvrir la session par le théâtre. C’est une tradition de Carthage. Ali Ben Ayed l’a faite, Souissi aussi… J’ai dit : pourquoi pas ?… En octobre, on a commencé à parler de quelque chose en rapport avec Ibn Khaldoun. On a même contacté des gens qui ont commencé à travailler… mais la décision n’est pas venue à temps. D’ailleurs, nous n’avions pas de devis. Et puis , c’est une année chargée en événements à propos d’Ibn Khaldoun… Et puis le temps. Une pièce pour l’ouverture, il lui fallait six à sept mois de travail… C’est pour cela que j’aurais souhaité avoir l’accord sur la programmation en octobre dernier et travailler pendant neuf mois. De tout temps, c’est à la dernière minute. Il y a mille et une raisons et l’on ne va pas revenir dessus. Ibn Khaldoun est tombé à l’eau. Je me suis dit : pourquoi pas une soirée musicale maghrébine ? La Maroc, la Libye, la Mauritanie etc. Contact pris. Des pays comme l’Algérie ont tout de suite donné leur accord sur une idée de scénario de Raja Farhat qui a travaillé sérieusement avec Samir Agrebi… Des pays comme la Libye et la Mauritanie n’ont pas répondu… Il fallait laisser tomber faute de temps. Que me restait-il en théâtre ? J’ai parlé à Mohammed Driss qui avait Othello et il avait répondu : chiche, pourquoi pas ! Mais il avait ajouté : attend je vais réfléchir… Il a travaillé avec son scénographe et trois jours après il me dit : Raouf, j’ai conçu cette pièce pour une petite scène comme le 4ème Art. Carthage nécessite de l’argent mais surtout du temps. Et donc, je ne peux pas être prêt. Ceci quatre semaines avant le Festival. Ça devient un casse-tête chinois. Comme j’ai horreur de l’improvisation, je me suis dit : pièce de théâtre pour pièce de théâtre, j’en ai une étrangère du théâtre No, un théâtre prestigieux qui joue encore des pièces du XIVeme siècle. Je trouve des atouts qui consolident mon choix. L’une des pièces est écrite par Salah Hannachi, Son Excellence notre ambassadeur à Tokyo. Elle a été choisie par le No en 2003 et a fait sa tournée en Europe. A chaque fois que ce théâtre se déplace, c’est un grand évènement. C’est la première fois qu’il se produit dans le Monde arabe et sur le continent africain, et ça correspond avec le cinquantenaire des relations diplomatiques Tunisie-Japon, l’apport, l’aide du Japon pour la culture tunisienne sous forme financière ou en équipement… Tout ceci a fait que j’ai pu convaincre M. le Ministre… Comment ? Le public veut du tunisien et toi , tu vas lui présenter du japonais… Attention, il y a quinze étudiants tunisiens qui sont dans le spectacle. Mais je n’ai pas le choix. D’abord, il n’y a pas de production tunisienne capable d’ouvrir Carthage, et ceci à un mois de cette ouverture… Quoi d’autre ? Une vedette ? Je fais la clôture avec un concert tunisien, celui de Lotfi Bouchnak. L’ouverture aussi avec Saber Rebai ? D’abord, il n’est pas disponible. Une ouverture avec un concert de chant, je pense que c’est peu pour le festival… Mais pense-tu qu’avec le No japonais ça va faire quelque chose ? Peut-être du bruit… Pour la vocation de Carthage, qui est l’ouverture sur le monde, et vu la qualité du spectacle, côté prestige, image, tout ce que tu veux… moi, je suis preneur… Ça provoquera peut-être des réticences. Mais si je vais faire mon travail en fonction de ce que vont dire les autres, je ne ferai plus rien… Il faut parfois oser, aller à contre-courant quand on est convaincu d’être dans le bon sens… Et c’est un choix tout en sachant que je n’ai pas beaucoup de choix… Quelles sont les têtes d’affiche de la partie arabe et non tunisienne ? Rotana avait 13 spectacles en 2004. Elle avait six en 2005 et en a quatre en 2006… Les quatre, c’est moi qui les ai choisis et Rotana a été d’accord avec quelques différends sur les premières en vedettes américaines… L’essentiel c’est que nous avons Nour Méhanna de Syrie, Nawal du Koweit, Hussein al-Jasim des Emirats et Fadhel Shaker du Liban… Et il n’y a pas d’Egyptiens ? Comment cela se fait-il ? Il y aura Hakim pour une soirée jeune. Le problème de l’Egypte, je le dis franchement après y avoir été et pris des contacts, il n’y a pas beaucoup de choses du niveau de Carthage… J’ai vu une pièce de Nour Chérif à partir d’un texte d’Alfred Faraj… Mais la mise en scène est du niveau du vaudeville des années 60 à Tunis. J’ai vu Said Salah, c’est une pièce critique avec de l’humour mais d’une pauvreté lamentable… Il n’y avait rien. Au niveau de la musique, si je te dis dans que l’opérette de l’ouverture de l’Opéra du Caire, c’est Mohammed Jebali qui a joué le premier rôle, celui d’Abdelwahhab… Il y avait Safwan Bahlawan le Syrien et Karima Scalli la Marocaine dans Qais wa Laila. Je me dis : il y a un problème en Egypte. Pour moi, les grandes voix ce sont Mohammad Tharwat, Mohammed al-Hilew… mais ils n’ont plus de public. C’est bon pour le Municipal ou al-Abdilliya, mais pas pour Carthage. L’année dernière, j’avais amené Izabi que j’adore avec les poèmes d’al-Abnoudy. Il était fatigué. Il y a des artistes qui se conservent et d’autres pas. Il y a Chahrazad, Najah Salam… mais franchement, je ne les avancerai pas sur Carthage, ce serait criminel. Peut-être qu’un jour il va falloir créer un festival de Tarab au Municipal de Tunis comme le fait Mokhtar Rassa au Festival de la Médina où il nous émerveille… Des autres arabes, nous avons Oumaima al-Khalil qui connaissait Carthage grâce à Marcel Khalifa et pour un cachet dérisoire. Combien ? 10.000 dollars, c’est vraiment trois fois rien. Je crois savoir que la Tunisie est un pays maghrébin. Où est la part maghrébine dans ta session ? Je sais. Parlons Maghreb. L’année dernière, j’ai invité Karima Scalli. Si je mets à part Belkhayat et Doukali, que me restera-t-il ? J’ai découvert un jeune de 18 ans qui m’a rappelé la première fois où j’ai vu Georges Wassouf. C’est Rachid Ghoulam. Il n’y aura pas de présence algérienne ni même libyenne ou mauritanienne malheureusement… Il faut avoir le temps de chiner… Je ne l’ai pas eu. Si pour l’année prochaine, on veut une soirée maghrébine, il faut s’y prendre au mois de septembre. La participation tunisienne ? 59% avec plus de 30 spectacles. Je cherche toujours le plus. Prends Sonia Mbarek. Cette année, elle propose un concert méditerranéen. Elle a invité des musiciens du Bassin méditerranéen et concocté un programme complètement nouveau où elle s’est permise de traduire certains chansons populaires françaises — c’est Fradj Chouchane qui s’est acquitté de la tâche – et qu’elle va chanter en arabe. C’est un effort, une expérience. Lotfi va se produire avec des musiciens russes et va exécuter une partie de son répertoire en jazzy tout en faisant du folklore populaire tunisien très élaboré. Amina Fakhet revient avec du nouveau, des compositions de Samir Agrebi et des chansons populaires tunisiennes qui ont été écrites pour elle. Là aussi, c’est du nouveau. Saber, bien sur, est une tête d’affiche un peu partout et a un genre de musique- soit dit en passant qui ne me plait pas – qui lui est propre. Il est en train de se perdre dans la chansonnette. Je le connais et sais ce que je dis. C’est une grande voix, je le reconnais. Et les découvertes du cru ? C’est plutôt à al-Abdilliya qu’on les trouvera. Je n’ai pas oublié les créateurs tunisiens à l’étranger. Il y a Abir Nasrawi qui prépare son doctorat à Paris et va présenter des chansons du Nord-Ouest. C’est très beau. Il y a Tarek Jihad qui se produit au Maroc et ne chante que les adwars et le chant classique… Il y a Nawfal Jouini, le fils de Si Hédi Jouini. Il a prit le répertoire de son père et l’a travaillé à la guitare. Nous avons les frères Garfi qui font de la musique classique et seront accompagnés par des musiciens étrangers… Je sais que tu adores le Jazz… Qui as-tu choisi pour cette session ? Cette année, je présente Three ladies of blues. Trois bonnes dames qui chantent merveilleusement bien, et j’attends une autre réponse que je n’annoncerai pas maintenant. Il y a la grande soirée Jazz comme il y aura la grande soirée africaine avec Salif Keita. De l’Asie, il y aura le ballet national de la Corée du Sud… Carthage est une fenêtre ouverte sur le monde. Faisons qu’elle le restera…
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| Last Updated ( Monday, 03 July 2006 ) |
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