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Liban: la présidentielle reportée pour la cinquième fois |
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Written by News Editor
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Friday, 23 November 2007 |
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Beirut
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BEYROUTH (AFP) — Le Liban devait se retrouver sans chef de l'Etat à partir de minuit vendredi, après un cinquième report de la séance parlementaire consacrée à l'élection d'un nouveau président, aggravant la crise dans laquelle le pays est plongé depuis un an.
"La séance a été reportée à vendredi prochain, le 30 novembre, pour permettre plus de discussions et afin de parvenir à un accord" sur le futur président, a affirmé à la presse le porte-parole du Parlement Mohammed Ballout, lisant un communiqué officiel du bureau de Nabih Berri, l'un des ténors de l'opposition soutenue par Damas et Téhéran.
M. Lahoud quittera ses fonctions comme prévu par la Constitution vendredi à minuit, mais étudie des "mesures" pour la sécurité du pays avant de quitter le palais présidentiel, a affirmé à l'AFP son porte-parole Rafic Chalala, sans préciser la teneur de ces mesures.
Peu auparavant, la majorité antisyrienne a exigé qu'il quitte le palais présidentiel dès l'expiration de son mandat, sous peine de poursuites judiciaires.
En vertu de la Constitution, les prérogatives du chef de l'Etat sont automatiquement transmises au gouvernement de Fouad Siniora.
Mais M. Lahoud considère le gouvernement de Fouad Siniora comme illégitime et avait évoqué l'option de nommer le chef de l'armée, Michel Sleimane, à la tête d'un gouvernement provisoire.
Un autre scénario évoquait la possibilité que le camp antisyrien organise une élection à la majorité simple par les 68 députés (sur 127) dont il dispose. Le Hezbollah, qui exige un vote avec un quorum des deux-tiers, a fait savoir que "toute mesure hors du consensus est vouée à un échec total".
"Nous avons provisoirement renoncé à notre droit d'élire à la majorité simple", a affirmé Elias Atallah, un député de la majorité.
Le report, au-delà de l'échéance du mandat présidentiel, aggrave les incertitudes sur l'avenir politique du pays et les inquiétudes sur une dégradation de la sécurité.
"Tous les Libanais ont peur que la situation mène à des tensions ou des frictions dans les rues (...). Nous pouvons exercer nos droits constitutionnels et nos activités politiques loin de pareilles tensions", a affirmé George Adwane, un député des Forces libanaises, parti chrétien de la majorité.
"Nous sommes prêts (...) à discuter avec tout le monde pour parvenir à un accord", a-t-il poursuivi.
D'après Ali Hassan Khalil, un député du mouvement chiite Amal, "l'opposition est déterminée à protéger la stabilité, la paix civile, les délibérations et les réunions afin de parvenir à un accord sur le président de la République".
La majorité parlementaire antisyrienne accuse l'opposition de vouloir un président inféodé à la Syrie et à l'Iran. Le camp prosyrien est de son côté convaincu que le pouvoir veut choisir un chef de l'Etat soumis aux Américains.
Jeudi, la majorité avait appelé tous les députés à se rendre au Parlement pour participer à la séance. L'opposition avait averti que ses députés boycotteraient la séance, même s'ils allaient se rendre au siège du Parlement.
Ce report marque l'échec des multiples appels internationaux, en particulier de la France, très présente sur ce dossier depuis plusieurs mois, mais aussi de l'ONU et la Ligue arabe, pour tenter de parvenir à un président "de large rassemblement" dans les délais constitutionnels.
Les chefs de la diplomatie française Bernard Kouchner, italienne Massimo D'Alema et espagnole Miguel Angel Moratinos, en mission à Beyrouth, s'étaient dès jeudi soir dits pessimistes quant à la tenue de l'élection vendredi.
La France a pourtant fait savoir qu'elle "continue à espérer" que les Libanais parviennent à élire un président.
En raison de la haute tension politique, les mesures de sécurité ont été renforcées, notamment à Beyrouth et ses environs. Blindés, soldats et membres des Forces de sécurité intérieure étaient postés au principaux axes routiers de la capitale. |