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Des bases turques dans le Kurdistan d'Irak depuis dix ans (sources kurdes) |
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Written by News Editor
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Tuesday, 16 October 2007 |

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Des centaines de soldats turcs sont déjà présents dans quatre bases dans le nord de l'Irak, ont indiqué mardi des sources kurdes et des témoins au moment où Ankara a évoqué l'éventualité d'une incursion dans cette région pour éliminer des rebelles kurdes turcs.
Ces unités turques sont installées depuis dix ans dans ces bases à l'est de la ville frontalière de Zakho, à une trentaine de km à l'intérieur de l'Irak, dans le cadre d'un accord avec le parti d'un des chefs traditionnels du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, selon ces sources.
"Il y a quatre bases turques dans le Kurdistan irakien depuis 1997", a assuré à l'AFP un responsable du gouvernement régional kurde irakien, qui parlait sous le couvert de l'anonymat.
A l'époque, les troupes turques avaient apporté leur soutien au Parti démocratique du Kurdistan (PDK) de M. Barzani contre les combattants de l'autre grande formation kurde irakienne, l'Union patriotique du Kurdistan (UPK) de Jalal Talabani.
M. Barzani est aujourd'hui président de la région autonome kurde, et M. Talabani est président de la République d'Irak.
Le Parlement turc doit voter mercredi une motion autorisant l'armée à pénétrer dans le nord de l'Irak pour en chasser les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, séparatiste), qui y ont établi plusieurs camps leur servant de base arrière.
"Je me demande ce que ces bases font encore ici", a déclaré à l'AFP Yassine Ali, un habitant de Bamerni, un village près duquel a été installé l'un de ces camps, sur une ancienne base aérienne irakienne.
Selon des sources du gouvernement régional kurde irakien, au moins 600 soldats turcs sont stationnés dans le Kurdistan irakien, avec l'appui de quelques 150 véhicules blindés dont des chars. Outre Bamerni, les camps sont installés à Amerli, Kanimesi, et Chiladeza.
Cependant des estimations d'habitants de la région font état de quelque 1.500 militaires turcs dans cette zone, qui est au nord-est de la ville kurde irakienne de Dohouk.
"Leur présence nous fait peur", a poursuivi Yassine Ali, "un jour ils pourraient nous prendre pour cible, dans la mesure où on ne peut pas faire confiance à l'armée turque".
"Nous avons déjà vu l'armée turque envahir la région sous prétexte de chasser le PKK, mais elle n'a rien fait. Le PKK est resté et l'armée turque cherche des prétextes pour rester ici et contrôler la région", a-t-il ajouté.
Le PKK lutte depuis 1984 contre le pouvoir central turc, et selon Ankara, quelque 3.500 combattants de cette organisation ont trouvé refuge dans le nord de l'Irak et sont soutenus par les kurdes d'Irak qui leur fournissent armes et explosifs.
Exaspérée par la recrudescence des activités du PKK dans le sud-est anatolien frontalier avec l'Irak depuis le début de l'année, la Turquie a agité la menace d'une incursion armée pour détruire les sanctuaires du PKK.
Le PKK est considéré comme une organisation terroriste par Ankara, les Etats-Unis et l'Union européenne. Sa lutte armée indépendantiste en Turquie a fait plus de 37.000 morts depuis 1984. |