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La police russe saurait qui a assassiné Anna Politkovskaïa |
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Written by News Editor
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Monday, 08 October 2007 |
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MOSCOU (Reuters) - Les autorités russes savent qui a assassiné Anna Politkovskaïa voici un an, déclare le chef des enquêteurs dans une interview que publie lundi le journal où travaillait la journaliste, opposante au président Vladimir Poutine.
Politkovskaïa, qui s'en prenait notamment aux violations des droits de l'homme en Russie et à l'attitude de l'armée russe en Tchétchénie, a été tuée dans son immeuble le 7 octobre 2006. Sa mort a provoqué un tollé international et ravivé les inquiétudes quant à la liberté d'expression en Russie.
En août, le procureur général de Russie, Iouri Tchaïka, a fait état de "sérieux progrès" dans l'enquête en parlant de l'inculpation de 11 personnes. Selon le chef des enquêteurs, Petros Garibian, l'homme qui a tiré sur Politkovskaïa ne figure pas parmi ces 11 personnes.
"Nous n'avons, à ce jour, pas inculpé l'assassin, mais nous savons de qui il s'agit", déclare au journal Novaïa Gazeta le chef des enquêteurs, sans préciser si le meurtrier en question est derrière les barreaux et pourquoi il n'a pas encore été inculpé.
Ses déclarations ne manqueront pas de renforcer les soupçons de la famille et des collègues de Politkovskaïa, qui pensent que la lumière n'est pas aussi près d'être faite sur l'affaire que le disait Tchaïka en août.
Ils accusent le procureur général de s'être empressé de faire grand cas d'une avancée dans l'enquête, afin d'en tirer un profit politique. Depuis l'annonce d'arrestations en août, cependant, deux suspects ont été relâchés par manque de preuves.
LA MAIN DE L'ÉTRANGER ?
Politkovskaïa, qui avait 48 ans et était mère de deux enfants, a été tuée le jour même de l'anniversaire du président Poutine. Son entourage a laissé entendre que les forces de sécurité ou certains cercles officiels étaient impliqués dans son assassinat, ce que le Kremlin a démenti.
Parallèlement à l'interview, Novaïa Gazeta publie lundi une photo indistincte, extraite de la bande d'un moniteur de sécurité installé près du domicile de Politkovskaïa. On y discerne son agresseur, portant des vêtements sombres et un chapeau, quelques minutes avant l'assassinat.
Selon Tchaïka, l'assassinat a été ordonné à l'étranger par des cercles qui cherchent à discréditer Poutine.
"Concernant les commanditaires (du meurtre), nous avons, comment dire, d'intéressantes suppositions. Je ne peux pas en dire plus", déclare de son côté Garibian dans l'interview. "Actuellement, nous nous concentrons, avec une intention bien arrêtée, sur les intermédiaires et les organisateurs."
A Moscou et dans des villes du monde entier, des partisans de Politkovskaïa et des défenseurs des droits de l'homme ont manifesté dimanche, à l'occasion du premier anniversaire de sa mort.
Le président George Bush, des dirigeants de l'Union européenne et des journalistes en vue ont évoqué l'affaire Politkovskaïa en compagnie de Poutine, exhortant Moscou à la résoudre.
Avant sa mort, le précédent assassinat notable d'un journaliste en Russie était, en 2004, celui de Paul Klebnikov, ressortissant américain et directeur de l'édition russe du magazine Forbes. |